De Maurice Joly (1829-1878) : entretiens imaginaires entre Machiavel et Montesquieu : texte de la pièce tiré du livre éponyme.

lundi 15 novembre 2010

Représentations des 16 et 17 octobre 2010

C’était donc les 16 et 17 octobre 2010. Nous l’avons fait. Voici un montage des images et du son que nous avons pu capter. Nous allons rejouer bientôt !
Et en attendant nous continuons à travailler pour nous améliorer.
Et la prochaine fois nous soignerons aussi davantage la prise d’image et de son.
Nous voilà condamner à progresser.
Et nous avons assez pour accepter joyeusement cette sentence.
Merci à toutes celles et à tous ceux qui sont venus nous encourager.
Et merci encore à nos hôtes du Med International Center : Mme et Mr Boukhris.


Dialogues aux enfers Oct 2010 Waneg et Wanek
envoyé par ThyWanek. - Futurs lauréats du Sundance.

jeudi 29 juillet 2010

Quelques images qui bougent et qui parlent.

Esquisse de ce que ça va être lorsque ce sera prêt. Montage de petits bouts des dernières répétitions avant les vacances. Quelques lumières encore à régler. Quelques déplacements à ajuster. Disons... de quoi se faire une idée de ce qu’il y aura à voir, et à entendre, au mois d’octobre.


Dialogues aux Enfers - Waneg & Wanek
envoyé par ThyWanek. - Films courts et animations.

Vidéo : Touhami Mad
Montage : Pascal Waneg

samedi 10 juillet 2010

Mise au point (?)

C’était, c’est vrai, un gros challenge que de monter cette pièce à deux, en trois mois, dans une structure qui n’est pas prévue à l’origine pour recevoir du théâtre. Un texte puissant et sans concession, une mise en scène ambitieuse pour le faire vivre, un décor dont les déploiements soient propres à accueillir la nature du propos. Pour toutes ces raisons le projet de représenter ce spectacle avant les vacances est rapidement devenu intenable sauf à transiger et à se contenter de faire au mieux.
Nous ne voulons pas faire au mieux. Nous voulons faire le meilleur.
Les représentations de « Dialogues aux Enfers » sont donc reportées au mois d’octobre prochain. Pour occuper les prochaines actualités de notre travail nous avons néanmoins réussi à capter des images de nos répétitions de cette semaine. Voici donc quelques aperçus du travail au stade où il en est actuellement.
Nous avons également réalisé des prises vidéo : en cours de montage.
Pour aussi bien aider à patienter que faire naître de l’impatience …

Merci à Touhami pour son aide et son soutien : l’un et l’autre nous sont précieux. Et lui, bien sûr, en entier !

Photos répétitions 1










samedi 29 mai 2010

Extrait 3

Machiavel : Quoi qu'il en soit, selon vous, ce sont les peuples qui disposent de l'autorité souveraine?

Montesquieu : Prenez garde, en le contestant, de vous élever contre une vérité de pur sens commun. Ce n’est pas là une nouveauté dans l’Histoire.

Machiavel : Mais si ce sont les peuples qui choisissent leurs maîtres, ils peuvent donc aussi les renverser? S'ils ont le droit d'établir la forme de gouvernement qui leur convient, qui les empêchera d'en changer au gré de leur caprice? Ce ne sera pas le régime de l'ordre et de la liberté qui sortira de vos doctrines, ce sera l'ère indéfinie des révolutions.

Montesquieu : Vous confondez le droit avec l'abus qui peut résulter de son exercice, les principes avec leur application ; ce sont là des distinctions fondamentales, sans lesquelles on ne peut s'entendre.

Machiavel : N'espérez pas m'échapper, je vous demande des conséquences logiques ; refusez-les-moi si vous le voulez. Je désire savoir si, d'après vos principes, les peuples ont le droit de renverser leurs souverains?

Montesquieu : Oui, dans des cas extrêmes et pour des causes justes.

Machiavel : Qui sera juge de ces cas extrêmes et de la justice de ces extrémités?

Montesquieu : Et qui voulez-vous qui le soit, sinon les peuples eux-mêmes? Les choses se sont-elles passées autrement depuis le commencement du monde? C'est là une sanction redoutable sans doute, mais salutaire, mais inévitable. Comment ne voyez-vous pas que la doctrine contraire, celle qui commanderait aux hommes le respect des gouvernements les plus odieux, les ferait retomber sous le joug du fatalisme monarchique?.

Machiavel : Votre système n'a qu'un inconvénient, c'est qu'il suppose l'infaillibilité de la raison chez les peuples; or les peuples n'ont-ils pas, comme les hommes, leurs passions, leurs erreurs, leurs injustices?

Montesquieu : Quand les peuples feront des fautes, ils en seront punis comme des hommes qui ont péché contre la loi morale.

Machiavel : Et comment?

Montesquieu : Ils en seront punis par les fléaux de la discorde, par l'anarchie, par le despotisme même.

Machiavel : Vous venez de prononcer le mot de despotisme, vous voyez qu'on y revient.

Montesquieu : Cette objection n'est pas digne de votre grand esprit, Machiavel. Vous venez de prononcer de nouveau le mot de despotisme, eh bien, Machiavel, vous dont le sombre génie s'est si profondément assimilé toutes les voies souterraines, tous les artifices de lois et de gouvernement à l'aide desquels on peut enchaîner le mouvement des bras et de la pensée chez les peuples; vous qui méprisez les hommes, vous qui rêvez pour eux des dominations terribles, veuillez me dire, je vous en conjure, comment vous vous y prendriez pour organiser le despotisme chez les peuples dont le droit public repose essentiellement sur la liberté, dont la morale développe tous les mouvements dans le même sens, chez des nations qui vivent par le commerce et par l'industrie, dans des États dont les corps politiques sont en présence de la presse qui jette des flots de lumière dans les coins les plus obscurs du pouvoir ; faites appel à toutes les ressources de votre puissante imagination, cherchez, inventez, et si vous résolvez ce problème, je déclarerai avec vous que l'esprit moderne est vaincu.

Machiavel : Prenez garde, vous me donnez beau jeu, je pourrais vous prendre au mot.